Analyse | La recette du succès des Eagles
L’échec du Super Bowl de 2023 a été vengé avec vigueur par les Eagles. Déjà considérée comme une puissance de la Ligue nationale de football (NFL) à l’époque, l’équipe s'est perfectionnée, assez pour être mieux nantie que quiconque. Une formation dotée de plusieurs vedettes, et de têtes fortes, pour le meilleur et pour le pire. L’adage voulant que la défense gagne les championnats s’applique admirablement au Super Bowl remporté par les Eagles, qui ont étouffé l’attaque des Chiefs pendant l’ensemble du match à sens unique pour ainsi détrôner les doubles champions sortants. Ils ont limité les gains au minimum et ont su réaliser quelques coups d’éclat qui ont marqué leur sacre, à commencer par l’interception ramenée pour un touché du demi de coin Cooper DeJean, une recrue de surcroît, qui célébrait son 22e anniversaire, d’ailleurs. Un tournant dans la rencontre qui a galvanisé les troupes d’un côté et ébranlé l’autre. L’équivalent d’un envoi au tapis, et Patrick Mahomes ne s’en est jamais remis. Un second larcin n’a pas tardé, puis le retard est devenu insurmontable. Le demi de coin Cooper DeJean a démarré les compteurs avec la première interception de sa jeune carrière au Super Bowl LIX. Photo : Getty Images / Emilee Chinn En fait, le quart-arrière des Chiefs n’a pas établi le moindre rythme avec son attaque. Un maigre premier essai a été obtenu au lancement des hostilités, puis la sécheresse totale jusqu’à la mi-temps, en plus de trois revirements. Loin de ses standards habituels. Le match était tout à fait hors de portée lorsque Kansas City a finalement répliqué aux lourdes frappes de Philadelphie. Le pointage de 40-22 ne rend pas justice à la domination des Eagles, qui écrasaient les Chiefs 34-0 dans la dernière minute du troisième quart. Mahomes et compagnie n’ont tout simplement jamais été dans le coup. À un point tel que ce revers rappelle drôlement la gifle que les Buccaneers de Tampa Bay avaient infligée aux Chiefs lors du Super Bowl de 2021. Mahomes semblait tout autant décontenancé, dépassé par les événements, et incapable de créer une petite étincelle pouvant relancer les siens. Cependant, les Buccaneers avaient dominé Mahomes en lui envoyant une tonne de blitz. Les Eagles sont parvenus à leurs fins sans en appeler un seul, le rêve de tout coordonnateur défensif. Une pression constante découlant de la ligne défensive a largement contribué à éteindre l’attaque des Chiefs. Déjà, les 6 sacs subis par Mahomes constituent un sommet dans sa carrière de 133 matchs. Un record dont il se serait bien passé, qui s’ajoute aux 36 plaqués derrière la ligne de mêlée en saison, signe d’une certaine défaillance à régler à Kansas City. Le plaqueur défensif Jalen Carter est l'un de ceux qui ont grandement compliqué la tâche de Patrick Mahomes. Photo : Getty Images / Timothy A. Clary Les tranchées ont été ciblées lors de la remise à niveau des Eagles quelques années après leur première conquête, en 2018. Les quatre partants en défense sont arrivés en Pennsylvanie en provenance du repêchage, une avenue hautement profitable à l’organisation par les temps qui courent. La tertiaire a pour sa part été remodelée avec un influx de sang neuf au dernier encan nommé DeJean et Quinyon Mitchell. Les finalistes au titre de recrue défensive par excellence étaient l'élément manquant au groupe et sont venus resserrer un bataillon armé jusqu'aux dents. Tant la ligne défensive qu’offensive est le moteur de son unité respective, alors que la combinaison de chacune d'elles est étroitement liée aux succès de Philadelphie. Le redoutable quintette à l’attaque allie l'agilité et la corpulence, un rare mariage lui permettant de créer des brèches pour installer le jeu au sol ou préserver le rayon de protection. Saquon Barkley et Jalen Hurts en ont tiré avantage. Il n’y a pas que la défense dans ce triomphe des Eagles. Souvent critiqué depuis sa dernière participation à la finale du football américain, Hurts a de nouveau montré qu’il se présente sous son meilleur jour dans ces rencontres qui revêtent une importance capitale. En voilà un qui se plaît grandement sous les réflecteurs et qui n'est pas effrayé un tant soit peu lorsqu'on lui confie le ballon entre les mains. Un quart-arrière haussant son niveau au rythme du parcours éliminatoire, limitant les revirements, en plus d'être le complément idéal à une attaque axée sur la voie terrestre. Jadis cloué au banc à la mi-temps du match de championnat national de la NCAA, en 2018, puis relégué au rôle de substitut l'année suivante avec le Crimson Tide de l'Université de l'Alabama, le jeune pivot de 26 ans a peiné avant d'obtenir la reconnaissance qui lui est due. Le quart-arrière Jalen Hurts a inscrit 10 touchés au sol en éliminatoires, un sommet à sa position, tandis qu'il se classe au 9e échelon de l'histoire. Photo : Getty Images / Timothy A. Clary Hurts a prouvé haut la main qu'il avait l'étoffe d'un gagnant sur lequel on peut assurément se reposer lorsque l'enjeu est à son comble. Sa capacité à surmonter les embûches et son approche dans les moments difficiles sont estimées par son entourage, qui le considère comme un éminent meneur d'hommes. Des responsabilités que le principal intéressé accueille à bras ouverts. Dans un vestiaire où abondent les personnalités qui détonnent, parmi le personnel de joueurs et d'entraîneurs, une force tranquille et rassembleuse au poste névralgique de quart est la bienvenue. L'addition de Saquon Barkley était la dernière pièce au casse-tête offensif des Eagles. La direction est allée à contre-courant en misant sur un demi à l'attaque étoile et en concentrant ses efforts dans le champ arrière. Dans une ligue orientée vers le jeu aérien, l'équipe de Philadelphie fait figure d'exception avec ses intentions manifestes de courir avec le ballon. En retirant de l'équation tous les pivots du circuit Goodell, aucun joueur n'a touché le ballon à plus d'occasions que Barkley depuis son association marquante avec les Eagles. Une rude besogne digne du passé qui se traduit par 436 portées et 46 attrapés en 20 matchs. L'échantillon est gigantesque, certes, et le résultat l'est tout autant, sinon davantage, avec une récolte de 2504 verges au sol, un record. Le directeur général Howie Roseman a réalisé un coup de circuit lorsqu'il s'est entendu avec le porteur de ballon Saquon Barkley, récemment élu meilleur joueur offensif de la NFL. Photo : Getty Images / Cindy Ord À moins d'une surprise de taille, les Eagles seront une fois de plus des prétendants au trophée Vince-Lombardi la saison prochaine, et fort probablement pour encore plusieurs années. La formation est désormais mure pour enchaîner les succès. Comme toute équipe championne, quelques joueurs quitteront le nid et s'envoleront pour d'autres cieux après avoir mis à profit leur bague du Super Bowl. Personne n'y échappe, ou presque. Le cœur de l'effectif restera toutefois intact et offrira l'occasion aux Eagles de conserver le titre. Et d'ici là, ils pourront célébrer la conquête, notamment au cours d'un défilé prévu vendredi dans les rues de la Ville de l'Amour fraternel. Le receveur éloigné DeVonta Smith est l'un des nombreux joueurs étoiles des Eagles. Photo : Getty Images / Chris Graythen

Jalen Hurts faire taire ses détracteurs

Une acquisition fructueuse


Advertising by Adpathway









